Simon Callow

Célèbre acteur britannique de théâtre et de cinéma (Amadeus, Chambre avec vue, Quatre mariages et un enterrement, No man’s land, Shakespeare in love), formé au Drama Centre de Londres, Simon Callow est également un metteur en scène de renom (Laurence Olivier Award 1991 du meilleur metteur en scène de comédie musicale).

Acteur audacieux et gourmand autant qu’éclectique, il s’est attaqué à toutes sortes de personnages : Mozart, Rousseau, Verlaine, Faust, mais aussi l’aristocratique Lord Are de Restoration, Molina dans Le Baiser de la Femme araignée, Face dans L’Alchimiste, Falstaff dans Chimes at Midnight.

Il a tourné en 2002-2003 dans le monde entier son spectacle Le mystère de Charles Dickens, où il campait plus d’une quarantaine de personnages. Il est aussi l’auteur d’une douzaine de livres dont deux biographies, de Charles Laughton et d’Orson Welles. Il a été fait Commandant of the British Empire en 1999.


Bio-bibliographie plus détaillée

SIMON CALLOW est né à Londres le 15 juin 1949. Il n’avait pas deux ans quand ses parents se séparent. Il est élevé à Streatham, dans le sud de Londres, par sa mère et ses deux grands-mères - hormis trois années passées en ex-Rhodésie du Nord (Zambie) entre 9 et 12 ans - et fréquente la London Oratory Grammar School (qui propose des sorties régulières au théâtre, essentiellement à l’Old Vic). Après de petits boulots dont celui, déterminant, d’employé de la location à l’Old Vic alors dirigé par Laurence Olivier, il se décide à faire une licence de lettres à l’université de Belfast mais abandonne au bout d’un an pour se former au métier d’acteur au Drama Centre de Londres (1970-1973). Et à partir de là, il enchaîne premiers emplois en province, dont de petits rôles à Édimbourg et deux mois en rep à Lincoln, débuts à Londres dans un spectacle de la Traverse, Bürger Schippel (Ockrent, Open Space, 1974), qui lui vaut ses premiers éloges de la critique, suivis d’autres expériences théâtrales dans le fringe londonien (Almost Free, Soho Poly, Bush). Il fait sa première apparition, remarquée, sur une scène du West End dans la reprise de Schippel (The Plumber’s Progress, Prince of Wales, 1975), et entre ensuite à Joint Stock, coopérative d’acteurs et d’auteurs, avec laquelle il jouera, sur un peu moins d’un an, une demi-douzaine de spectacles, à Londres et en tournée. Il aborde le répertoire classique avec Titus Andronicus (Noble, Bristol Old Vic, 1976) et La Résistible Ascension d’Arturo Ui (Walker, Half Moon, 1978), avant d’entrer au National Theatre pour jouer Orlando dans Comme il vous plaira (Dexter, 1979), puis Mozart dans la création d’Amadeus (Hall, 1979), et d’y présenter une série de récitals des Sonnets de Shakespeare.

Acteur audacieux et gourmand autant qu’éclectique, il s’est attaqué à toutes sortes de personnages : Juvénal, Mozart, Rousseau, Verlaine, Faust, mais aussi le psychothérapeute Joe Berke dans Mary Barnes, l’aristocratique Lord Are de Restoration, le dandy Lord Foppington de The Relapse, le gangster Tony Perelli d’On the Spot, Molina dans Le Baiser de la femme araignée, le célèbre espion Guy Burgess dans Single Spies, Face dans L’Alchimiste, Falstaff dans Chimes at Midnight (l’adaptation scénique de Welles), le fruste Otto dans Through the Leaves ou, plus récemment, le comte Fosco dans la comédie musicale The Woman in White (Nunn, 2005). Marchant sur les traces de son mentor Micheál macLiammóir, dont il reprit le spectacle-hommage à Oscar Wilde, De l’importance d’être Oscar (1997), il utilisera le même procédé dramatique, un an plus tard, pour évoquer un autre géant de la littérature anglaise dans The Mystery of Charles Dickens, spectacle où il campait près d’une quarantaine de personnages et qu’il tournera dans le monde entier.

Il s’est aussi fait un nom au cinéma dans des personnages plus vrais que nature. Depuis son Schikaneder dans l’Amadeus de Forman, il tourné dans plus d’une vingtaine de films, dont plusieurs avec Ivory (le pasteur Beebe dans Chambre avec vue, l’instituteur dans Maurice, le conférencier dans Howards End, Richard Cosway dans Jefferson à Paris), ainsi que dans Manifesto de Makavejev (Hunt, le chef de la police), Bons baisers d’Hollywood de Mike Nichols (le réalisateur Simon Asquith), Quatre mariages et un enterrement de Mike Newell (Gareth), Shakespeare in Love de John Madden (Tilney, l’Intendant des menus plaisirs), No man’s land de Danis Tanovic (le colonel Soft) et Bright New Things de Stephen Fry (le roi d’Anatolie). Avant que le personnage du bon vivant Gareth, victime d’une apoplexie dans Quatre mariages, ne le rende internationalement célèbre, il était déjà très connu du grand public britannique pour ses nombreux rôles et ses interventions à la télévision.

Parallèlement à son travail d’acteur, il s’est, depuis 1883, tourné de plus en plus vers la mise en scène, montant notamment La Machine infernale et Jacques et son maître (dans sa propre traduction), Shirley Valentine de Willy Russell (qui fera un triomphe dans le West End et à Broadway), Une question d’attribution d’Alan Bennett au National Theatre, sa propre adaptation scénique des Enfants du paradis à la RSC, Carmen Jones, qui lui a valu, en 1992, le Laurence Oliver Award du meilleur metteur en scène de comédie musicale, et The Pajama Game. Passionné de musique classique depuis son plus jeune âge, il a aussi mis en scène plusieurs opéras à travers le monde (dont Così fan tutte à Lucerne, La Chauve-souris à Glasgow, Le Consul de Menotti à Holland Park, The Stephen Oliver Trilogy au Covent Garden Festival, La Calisto de Cavalli à Glimmerglass et Le Roi malgré lui de Chabrier à Grange Park). Sur l’invitation d’Ismail Merchant, il est passé de l’autre côté de la caméra pour porter à l’écran le roman de Carson McCullers La Ballade du café triste (1991).

L’écriture l’a de tout temps attiré et, après avoir publié Being an Actor (Dans la peau d’un acteur), son premier livre, il a écrit une douzaine d’autres ouvrages, dont les biographies de Charles Laughton et d’Orson Welles ; un compte rendu du tournage de Manifesto de Makavejev, intitulé Shooting the Actor, augmenté en 2003 d’autres récits de tournage ; un recueil de souvenirs sur son amitié avec le grand agent littéraire Peggy Ramsay (« muse, sainte patronne et fléau de la génération d’auteurs qui a succédé aux “Jeunes hommes en colère” », selon la formule de Christopher Hampton), Love Is Where It Falls ; une étude des deux parties de Henry IV ; un petit livre sur Oscar Wilde, Oscar Wilde and His Circle, et un autre sur le chef-d’œuvre de Laughton, La Nuit du chasseur. Il a aussi réalisé deux documentaires pour la BBC, sur Charles Laughton et sur Micheál macLiammóir, et un troisième intitulé Charles Laughton pour Yorkshire Television. Sans compter les innombrables préfaces, contributions littéraires diverses, et articles pour de grands journaux comme le Times, l’Independent et le Guardian.

Un des premiers acteurs britanniques à déclarer ouvertement, avec simplicité, son homosexualité, il a prêté son soutien actif à la défense des droits des homosexuels dans les années 80.

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