Né en 1959 à Strasbourg et mort en 2000, Patrick Kermann écrit essentiellement des textes pour la scène (théâtre, livrets d’opéras, textes pour des installations parfois en collaboration). Il est également agrégé d’allemand et traducteur en français de théâtre (Thomas Bernhard), d’une petite dizaine de romans (Alberts, Göhre, Schlink…) publiés chez Gallimard, de livres pour la jeunesse, de catalogues d’exposition.

Il a bénéficié d’une résidence à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon (1996), d’une bourse de commande du ministère de la Culture (1998), d’une bourse Beaumarchais (1999), d’une bourse de commande d’oeuvre lyrique (1999, avec Daniel Lemahieu, Du Diktat). En 1999-2000, il a reçu une bourse d’année sabbatique du Centre national du livre.

Son travail théâtral porte essentiellement sur la langue qu’il utilise comme un matériau permettant « ce dialogue fragile avec les morts, ces souffles ténus recueillis auprès des morts qui témoignent de leur avoir été à l’histoire et au monde ».

Il définit son théâtre ainsi : « Le théâtre est le territoire de la mort, ce lieu rituel où les vivants tentent la communication avec l’au-delà. Sur scène, dans une balance incessante entre incarnation et désincarnation, matériel et immatériel, visible et invisible, apparaissent des fantômes qui portent la parole des morts, pour nous encore et tout juste vivants. »

Il a écrit une douzaine de pièces dont aux éditions Lansman The Great Disaster (1999), La Mastication des morts (2000), Seuils (2001) ; Leçon de Ténèbres (L’Inventaire, 1999) ; « On The Road » dans Embouteillage (Théâtrales, 2002). Mais aussi Naufrage, De quelques choses vues la nuit, Suaires, Les Tristes Champs d’asphodèles, Prédelle-divertissement orphique, Thrène.

Au moment de son décès, il écrivait Le Jardin des reliques, projet conçu en 12 parties, dont six étaient achevées.

Il a aussi écrit trois livrets pour l’opéra : Du Diktat avec Daniel Lemahieu, La blessure de l’ange, Vertiges (musique de Jean-Pierre Drouet, mise en scène Christine Dormoy) et écrit des textes pour des installations : Merci avec Alain Béhar à la Chartreuse, et A.

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