Terre de poésie

ISBN : 2-907293-92-3, 15x23 cm, 288 p., 26 €
Ouvrage publié avec le concours du Centre national du livre

Peut-on envisager une terre de poésie ? Une terre faite de poésie grâce à des actes d’écriture qui, renonçant à la maîtriser et à la posséder, lui feraient le don d’une parole révélatrice ? La poésie serait l’invention de la terre : à la fois une création et une découverte, le lieu de la venue progressive de ce qui est.

Dans ce recueil d’essais, conçu comme un ensemble mobile, Michael Edwards se fait explorateur de la terre proche en examinant des poèmes, des lieux, des tableaux, des langues. S’il interroge des poètes aussi divers qu’Ovide, Dante et Shakespeare, il écoute surtout les romantiques anglais (Wordsworth, Keats, Constable), qui posaient de la façon la plus aiguë la question de la terre-poésie, et la poésie française de maintenant (Bonnefoy, Jaccottet) où la question revient dans toute sa richesse.

Extraits de presse

« Michael Edwards, poète et professeur (à l’Université de Warwick, puis, aujourd’hui, au Collège de France), nous offre un traité sur l’essence de la poésie, aussi plaisant que profond, sous la forme de lectures d’une douzaine de poètes — Ovide, Racine, Wordsworth, Keats, Bonnefoy, Péguy, Eliot, Jaccottet, Hill, etc. — et d’un peintre — Constable.
Bien qu’il n’y ait que de brèves allusions à des poètes du Moyen Âge (mais plusieurs pages sont consacrées à la richesse concrète et multilingue de l’anglais et à la comparaison de l’anglais, du français et de leurs poètes), j’attire ici l’attention sur ces lectures minutieuses, limpides ; elles vont, pourtant, aussi loin que possible dans l’exploration du mystère poétique.
La poésie est une intense, parfois violente, préhension de notre terre, l’intensité donne une image de notre réel à la fois fidèle et plus que fidèle, grâce à « un surcroît d’être » (p. 11), elle fait sentir « dans le monde d’ici un monde de là-bas » (p. 77) : « la grande poésie ne décrit pas le monde mais l’écrit » (p. 89, 225).
Le livre [...] tient sa solide unité de son unique propos, l’étude de l’acte poétique, et de sa méthode, la méditation minutieuse, érudite sans pesanteur, de quelques vers, méconnus ou célèbres, voire d’un monosyllabe. Michael Edwards parle avec franchise et clarté, mais aussi avec une courtoisie, une tolérance qui sont les fleurs de son christianisme qu’il ne cache pas mais prend soin de ne pas imposer. Les enquêtes minutieuses, les formules heureuses abondent, au fil d’un exposé aussi séduisant qu’une conversation amicale et savante. Le livre respire une fraîcheur grave. Stimulante. »
[A. Crépin, Bulletin des anglicistes médiévistes, n° 64, 2003.]

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