Essais et pièces rendant compte de la grande variété de formes du théâtre du XVIIIe siècle
Ouvrage coordonné par :
ISBN : 978-2-84705-100-1
EAN : 9782847051001
13x21cm, 60 p. , 11 €
2012
Pygmalion de Jean-Jacques Rousseau
suivi de Arlequin marchand de poupées ou le Pygmalion moderne, parodie de Charles-Jacob Guillemain
Présentation de Pauline Beaucé
Pygmalion est la plus forte et la plus conséquente des innovations musicales de Rousseau : un mélodrame, où les soliloques du personnage sont séparés par de la musique orchestrale.
Quatre ans après la création parisienne du Pygmalion, Guillemain ose mettre cette œuvre exigeante à portée du théâtre de boulevard en imaginant son avatar burlesque. Dans sa parodie, il substitue Arlequin au légendaire sculpteur des Métamorphoses d’Ovide dont s’était inspiré Rousseau.
Tandis que Pygmalion sombre dans la folie en devenant amoureux de sa resplendissante statue Galatée, celle qui inspire l’amour à Arlequin n’est qu’une poupée, tirée d’une vieille armoire du fond de sa boutique, qui occasionne les minauderies les plus comiques.
En rapprochant ces deux œuvres sœurs, Pauline Beaucé, à qui on doit la redécouverte d’Arlequin marchand de poupées, confronte niveaux populaire et classique de la langue musico-théâtrale, dans la grande tradition parodique, pratique caractéristique du spectacle musical populaire parisien au XVIIIe siècle.
Claude Dauphin, musicologue
« (...) Voici donc une livraison qui élargit le corpus parodique à la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Elle place en vis-à-vis le mélodrame de Rousseau (Pygmalion, scène lyrique, p. 21-28) et l’œuvre d’un parodiste prolixe des années 1780, Charles-Jacob Guillemain (1750-1799) : Arlequin marchand de poupées (p. 31-52), créé le 24 mai 1779 sur le théâtre du sieur Lécluze (futur théâtre des Variétés-Amusantes).
Pauline Beaucé (…) resitue d’abord l’ouvrage de Rousseau dans la réflexion du philosophe sur le récitatif, puis son double parodique dans l’émergence d’un genre, le mélodrame. En quelques lignes et en deux œuvres, le volume établit un point de jonction entre une forme ancienne, la parodie sur des airs connus, et une autre, appelée à proliférer au XIXe siècle, suivant des voies distinctes, cette fois, du vaudeville.
L’intérêt majeur de l’édition proposée, outre la découverte de cet ouvrage totalement inconnu jusqu’alors (…) tient dans le parti pris, à la fois érudit quant à la restitution des airs employés et pratique, suivant une présentation des airs immédiatement utilisable pour une lecture ou une représentation.
L’introduction et les notes apportent des éclairages complets sur les 22 interventions musicales qui ont fait l’objet d’une enquête fine sur leur provenance, sur leur signification originelle et sur leur utilisation dans la pièce. Les timbres musicaux sont insérés dans le texte, sous les incipits qui ont permis de les identifier, ou bien ils sont joints en fin de volume lorsque la longueur et la formation instrumentale requièrent un peu d’espace, ou parce qu’une alternative est proposée.
L’édition profite donc pleinement de l’expérience acquise par l’ensemble de l’équipe (…) »
[Patrick Taïeb, Transposition, mars 2013]
Lecture-spectacle du Pygmalion , suivi de sa parodie Arlequin marchand de poupées par Jean-Philippe Desrousseaux, musique par Loïc Chahine, Université de Nantes, le 15 novembre 2012.