Textes d’aujourd’hui pour le théâtre. Ces publications sont régulièrement soutenues par la Région Languedoc-Roussillon, et depuis 2003 par la SACD.

Toutes ces voix

ISBN : 978-2-84705-188-9
EAN : 9782847051889

13x21cm, 48 p., 11.80 €
une voix à plusieurs voix
Publié avec le soutien du Centre national du livre

2020

Toutes ces voix donne la parole à un éducateur qui exerce auprès d’adultes en milieu psychiatrique.

Le narrateur, par ailleurs écrivain, dévoile ce que recèlent d’universel les actes, les gestes les plus élémentaires du quotidien, tout ce qui au jour le jour nourrit cet accompagnement au plus proche de l’humain.

Portant un questionnement éthique sur le pouvoir de la littérature, le texte donne à entendre avec une grande douceur les voix des plus fragilisées et des plus démunies.

Extrait de presse

Balade concrète et engagée, délicate et documentée d’un éducateur/ poète dans le monde des « fous ».

David Léon partage la vie quotidienne, les échanges et les relations des pensionnaires d’un hôpital psychiatrique. Il retranscrit les paroles, les pensées, les angoisses et les espoirs d’une population souvent invisible qui nous éclaire sur nos propres questions existentielles, nos relations. Il décrit les corps coupés, et nous fait entendre les voix douces, les voix déchirées, toutes ces voix, authentiques.

Le dialogue entre « la réalité rugueuse » et la littérature, entre leur vies cloîtrées et les nôtres qu’ils interrogent, entre leurs chimères et notre théâtre, est ouvert : « C’est de l’amour aussi qui circule entre nous ».

[Théâtre du Rond-Point, décembre 2019]


« Les voix (toutes) se répondent, se superposent ainsi puisque certains entendent des voix intérieures, des voix dans la tête, qu’ils expriment en direction de leur éducateur. L’auteur/David, à son tour, les entend, les accueille et les projette en direction des lecteurs et un jour, des spectateurs. Elles sont phrases, mots.

La trajectoire, que suit le livre, relève, au fond, de l’aboutissement de cette appropriation des propos tenus par les pensionnaires mais plus encore de cette communauté humaine réunie par l’acte d’écriture : j’ai pensé alors que toutes leurs voix étaient maintenant devenues miennes, en vérité.

L’homme vrai et l’homme fou dont parle M. Foucault en exergue du volume sont indissociables. Et le texte advient. »

[Marie Du Crest, La Cause littéraire, janvier 2020]


« Chef d’œuvre

C’est là ce qui évidemment donne à l’œuvre sa dimension universelle et géniale : en déniant tout pouvoir aux mots ou à l’écriture et en articulant le réel autour ce qu’il voit, perçoit, ressent, observe, David Léon donne effectivement à entendre Toutes Ces Voix, la sienne prise dans le tourbillon des autres, la sienne lovée dans l’affection et la compassion qu’il éprouve, la sienne encore dans son aspect médico-social, la sienne enfin comme pour défendre en eux ce qui effraie les autres et déconstruire les clichés : c’est à cette condition seulement que le lecteur, le citoyen, le frère humain peut entendre leurs voix et que le théâtre opère sa danse d’apparition et de vérité.

Il y a donc dans ce texte de véritables questionnements non pas sur ce qu’est la folie mais en quels termes on en parle, et c’est là un des tours de force poétique de David Léon qui décline toujours ces frontières entre la maladie et l’individu en leur donnant un écho frémissant dans la nature qui nous environne comme si cet écart pouvait se métamorphoser en une force cosmique, aussi fragile qu’immuable. (…)

Il en est ainsi des chefs-d’œuvres, et c’est pour cela qu’il ne faut pas avoir peur de le dire, ils changent radicalement notre rapport au monde en faisant naître en nous de nouvelles voix, qui dodelinantes, qui lyriques, qui drolatiques, qui encore mélancoliques. (…)

Et en pensant ne pas être légitime à parler de ces gens, l’auteur sans prétention, dans la plus belle simplicité de son écriture, nous donne à lire bien plus qu’un témoignage autobiographique, une pièce de théâtre qui érige la précarité morale et parfois physique de ces personnes non pas en l’affichant ou en la martelant derrière un discours accusateur ou moralisateur, mais en la laissant se dévoiler comme une écholalie de nos plus belles et délicieuses impostures, car on se reconnaît dans chacun de leurs mots et dans chacune de leurs voix. »

[Raf., L’Alchimie du Verbe, 1re trimestre 2020]


« Dans Toutes ces voix, le dramaturge David Léon trace un chemin scripturaire qui sonde le rapport entre sa démarche d’éducateur et celle d’auteur, entre les gestes du quotidien auprès des personnes psychotiques avec qui il travaille et son acte d’écriture. Un texte à part dans l’œuvre théâtral de l’écrivain.

Tout au long du texte, il tente de nouer ces deux dimensions apparemment si étrangères et pourtant si intimement liées par une vocation unique : celle de veiller la parole vivante, dans le creuset des gestes anodins, charnels, dans les mots éclatés, à vif, des résidents qu’il accompagne. Nous découvrons une seule et même exigence dont le nœud est la recherche d’une parole vivante et personnelle : « On me demande souvent : Sont-ils une source d’inspiration ? / La question devrait être : Sont-ils une source de vérité ? » (…)

l’œuvre de David Léon s’est montré jusqu’ici profond dans l’élaboration d’une parole neuve, efficace, aux confins de l’indicible, voire de l’interdit du dire. Éducateur de métier auprès de personnes psychotiques, comme énoncé plus haut, il apparaît dans son acte d’écriture en chercheur d’or, prenant à pleine main le marasme humain de la folie (Un Batman dans ta tête), de la honte (De terre de honte et de pardon), d’une sauvage Apocalypse (Père et Fils et Un jour nous serons humains), pour en extraire courageusement l’intime beauté et irriguer de parole ces territoires chaotiques.

C’est bien cette prise de risque du langage qui fait du travail de David Léon une contrée si étonnante et profondément riche.

Ce texte nous révèle aussi une parole de chair. Plus que les gestes du quotidien, finalement assez secondaires dans le corps du texte, ce sont surtout les paroles recueillies et offertes qui nous percutent comme des corps, phénomènes à part entière dans l’horizon des êtres. »

[Pauline Angot, Profession spectacle, 28 mars 2020]

Vie du texte

Dans le cadre du Festival Art et Déchirure, lecture par l’auteur, à Mont-Saint-Aignan (76), le 18 novembre 2019.


Lecture lors des Mardis Midi du Théâtre du Rond-Point, Paris, janvier 2020.


Mise en voix dirigée par David Léon, avec Eric Colonge et Leïa Besnier, composition musicale de Patrice Soletti, La Baignoire, Montpellier, les 16 et 17 janvier 2020.

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