Textes d’aujourd’hui pour le théâtre. Ces publications sont régulièrement soutenues par la Région Languedoc-Roussillon, et depuis 2003 par la SACD.

King du ring

ISBN : 2-84705-065-5 EAN : 9782847050653

13x21cm, 56 p., 11 €
1 homme

Ouvrage publié avec le soutien du Centre national du livre

2010

En un seul souffle issu de celui qui profère, Rémi Checchetto donne vie à un combattant de son propre destin. Il livre le portrait d’un homme dont on peut croire qu’il s’agit de Mohamed Ali, le boxeur adulé et controversé.

Et nous voyons et entendons cet homme dire ce qu’est la douleur, comment il reçoit des coups et en donne, comment il fréquente régulièrement la mort, comment et pourquoi il danse comme un papillon, frappe comme une guêpe. Dire aussi comment il est nécessaire de secouer le monde, de mettre l’air KO, d’être noir, d’être le King.

Mohamed Ali est le prétexte de ce texte, c’est soit disant Mohamed Ali qui dit, soit disant Rémi Checchetto qui transcrit. On peut également penser que Rémi Checchetto est le nègre blanc de Mohamed Ali.

Extraits de presse

« La langue de Rémi Checchetto, puissante, ramassée comme un poing fermé, sèche, rythmée et imagée, parvient à faire entrer le lecteur dans l’intimité psychologique de cette personnalité hors du commun. »

[Bernard Bretonnière, La revue du livre en Pays de la Loire, n°53, automne 2010]


A propos du travail en commun de Rémi Checchetto et Denis Tricot

« Ce qu’ils désirent inventer là, à deux, c’est l’"édition orale" d’un texte. (...)
On n’assiste pas à une performance, on en fait partie. Checchetto n’est pas comédien, il vit son texte sans effets de lecture, en s’appuyant sans cesse sur la danse gestuelle des arcs de Tricot.
La concentration du sculpteur, palpable, et les arcs en bois de peuplier, étrangement vivants car parfois incontrôlables, créent une tension enveloppante. »

[Céline Delavaux, Cassandre, n°82, été 2010]


« Le style, percutant, traduit avec justesse le message de fierté et le désir de révolte que porte ce texte. »

[L’Avant-scène Théâtre, n°1291, 1er novembre 2010]


« La lecture d’une traite s’impose pour entendre King du ring de Rémi Checchetto, ses modulations internes, son rythme haletant, son souffle. Sans perdre haleine, à voix haute, presque fébrilement.

On entre dans la pièce de théâtre comme on reçoit un uppercut en pleine face : un coup sec, rapide, imprévisible et qui ébranle.

Car le texte surgit des tripes de Mohamed Ali, dégouline de sa bouche, transpire de son corps en sueur, rebondit dans ses jambes à chaque saut, de droite à gauche et de gauche à droite. On balance d’un pied sur l’autre, on est le jeune noir « volé de bicyclette », on a « grand honneur d’être cet homme-là qui sue », on a le même égo démesuré qui fait croire à l’invincibilité et à l’éternité. On est dans la tête du boxeur qui tend le poing pour se battre, combattre et rentrer dans le lard de tous les racistes américains : les années 60 aux États-Unis ne sont pas tendres pour ces papillons noirs aux ailes lourdes… (…) »

[Marie Godfrin-Guidicelli, Zibeline, 15 février 2015]


« Au départ de cette aventure, il y a un texte de Rémi Checchetto publié aux Éditions Espaces 34. C’est le monologue imaginaire de Mohammed Ali en plein combat.

Il s’agit de boxe bien sûr, mais on y parle aussi de violence, de racisme, de rapport à la mort et de cette société américaine ivre d’argent et de consommation. (…) »

[Eric Demey, La Terrasse, 26 juin 2015]


« King du ring, c’est une proposition époustouflante et rare, qui flirte avec cette inaccessible étoile que chantait l’autre roi des Belges. La prise de risque est certaine mais ne peut en rien expliquer que la salle d’Artéphile ne soit pas pleine, bondée. Côté texte, nous ne sommes pas dans une forme fleuve mais plutôt océanique !

Ecrit par Rémi Checchetto dans « une langue » malaxée et remalaxée, la fluidité est totale au service unique du propos et, quel propos ! King du ring, c’est toute l’histoire du boxeur noir américain, Muhammad Ali, contée et racontée par lui-même et à lui-même. Focus rigoureux sur les Etats-Unis des années 60/70 et coup de loupe sur les Américains de ces années fastes, tout y passe et trépasse, le constat est noir, bien plus noir encore que la peau même du boxeur.

Pour l’interprétation, c’est Adeline Walter qui prend les gants au sens le plus strict et certainement pas au sens de l’expression populaire : non, Adeline Walter ne prend pas du tout de gants pour vous envoyer la prose de Checchetto, vous la prendrez « en pleine face », comme une droite sauf qu’elle mettra 1h30 à se déployer avant de vous percuter… ça fait encore plus mal !

En tenue de boxeur, seule, Adeline Walter, boxe le plateau avec énergie pure et dure. Parfaitement mis en scène par Alexia Vidal et avec Marie Jumelin, une référence, à la création vidéo King du ring, se trouve être aussi une création bref, le Off ne saurait plus offrir la plus belle vitrine à un théâtre contemporain, de création et radical. »

[Henry Waterman, Le bruit du off, 20 juillet 2015]


« Le texte de Rémi Checchetto remue, secoue et bouleverse comme rarement.

S’inspirant d’épisodes marquants de la vie d’Ali (son refus d’aller au Vietnam, le vol de sa bicyclette qui le conduira vers la boxe…), l’auteur a construit une cathédrale du verbe dont la densité est telle qu’elle demande plusieurs visions du spectacle. La logorrhée de Mohamed s’empare autant du corps du spectateur que de celui de la boxeuse qui débite pendant plus d’une heure sans jamais perdre le rythme, à la fois concentrée, tendue, aérienne et dansante, comme un papillon.

La mise en scène d’Alexia Vidal, conceptrice du « théâtre mouvementé », que l’on pourrait résumer par la fusion absolue du mouvement et du texte, irrigue la comédienne d’une force qui n’oublie pas la grâce.

Le choix d’une interprète blanche à la place d’un comédien noir pour porter la parole de tous les combattants est simplement magnifique. Un ring sobrement sculpté par des rais de lumière et quelques vidéos de Marie Jumelin, qui renforcent le propos sans jamais l’alourdir, achèvent de donner l’ultime uppercut de cette ode à la lutte pour la vie. »

[David Simon, Theatrorama, 10 juillet 2015]


« (…) C’est une actrice, pas un acteur qui arrive sur scène, une belle jeune femme blanche en tenue de boxe (même pas le nez cassé), autour de laquelle le Ring se dessine au fil de l’exploration du texte.

Le 1er coup part, et c’est par le portrait intime et psychologique d’un homme (Mohamed Ali), qu’Alexia Vidal nous invite à entrer dans le jeu. Un texte long comme une bonne vingtaine de rounds alors qu’un match en moyenne ne durerait qu’une douzaine de rounds, voyez ? Mais un match de la vie en quelque sorte. Un match qui secoue le monde avec des mots pour se révolter et le mettre KO.

Un match avec des coups mortels, douloureux, portés ou reçus, amorcés, esquissés par Adeline Walter dans un souffle gracieux et quasi unique durant l’intégralité du spectacle. Un texte qu’elle joue de manière très impressionnante, performante, incarné dans sa chair, par la viande qui frappe, qui porte des coups oui à la vie, à la toute-puissance, à la dignité, à la force, à la souffrance, sans jamais y mettre de point final.

En contrepoint de cette densité physique, un discret mais prenant travail de vidéo enferme ou libère ce corps, contredit la nudité du plateau : cadre du ring, évaporations de fumée, suave envol d’oiseaux sur un paysage d’Afrique, cette délicate scénographie prolonge la lecture induite par la comédienne : ça parle de coups, oui, de boxe et de corps, de rythme et de danse, mais ça parle aussi d’émancipation, de combat pour la reconnaissance des Noirs dans une Amérique raciste et violente, de révolte.

Et quand résonnent, à la toute fin, les notes de « Strange Fruit » et que sont projetées sur le corps de la comédienne les images d’Ali en pleine démonstration de grâce, on se dit que ce texte et sa mise en scène réussissent l’impossible : faire de la politique en parlant de chair. (…)

King du Ring est la démonstration spectaculaire qu’un texte long et exigeant, saisissant par ses multiples lectures, peut être mis en scène et interprété brillamment. »

[Danielle Krupa, Vivantmag, 23 juillet 2015]

Vie du texte

La pièce fait l’objet de lectures-performances par Rémi Checchetto, souvent accompagné de Denis Tricot qui installe et manipule des arcs.

Lecture par Rémi Checchetto au Théâtre du petit matin, Marseille, le 7 mai 2010.

Lecture par Rémi Checchetto avec le sculpteur Denis Tricot et ses arcs, à l’initiative de l’association Emmetrop en ses lieux, Bourges, le 20 mai 2010.

Lecture par Rémi Checchetto au Salon du théâtre, Paris, le 22 mai 2010.

lecture-performance par Rémi Checchetto et le plasticien Denis Tricot, Le vent se lève, Paris, 12 février 2011.

Lecture en partenariat avec hTh-CDN de Montpellier, avec Mathias Beyler et Stefan Delon, le 16 mars 2015.


Création par Le Compagnie Corps de passage dans une mise en scène d’Alexia Vidal avec Adeline Walter, Théâtre des Carmes, Avignon, les 3 et 6 février 2015.

Puis Festival d’Avignon off, théâtre Artéphile, du 4 au 26 juillet 2015.

Haut