Éditions Espaces 34

Théâtre contemporain

Textes d’aujourd’hui pour le théâtre. Ces publications sont régulièrement soutenues par la Région Languedoc-Roussillon, et depuis 2003 par la SACD.

Mon visage d’insomnie

ISBN : 978-2-84705-273-2
EAN : 9782847052732
13x21cm, 128 p., 16 €

2022

Un village en bord de mer, dans un centre d’accueil pour mineurs non accompagnés.

Harouna, 16 ans, n’est pas parti au ski. Il a préféré attendre au centre le retour de son ami Drissa, disparu depuis quelques jours.

Avec lui sont restés Élise, éducatrice de 25 ans, et André, la cinquantaine, qui vient d’arriver.

Dans ce huis-clos, en forme de thriller d’épouvante, les repères se troublent, les identités vacillent. Drissa s’est-il enfui ? ou lui est-il arrivé malheur ? Les retraités du village sont-ils en cause ?

Une réflexion politique sur la puissance de la fiction comme moyen de survie intime face à une société violente.

Distinction

La pièce est lauréate des Journées de de Lyon des Auteurs de théâtre 2021, présentés du 4 au 14 mai 2022 (dans le cadre des CONTEMPORAINES au TNP), Théâtre National Populaire — Villeurbanne.


La pièce a reçu l’aide à la création d’Artcena au printemps 2021.


Pièce recommandée par le comité de lecture de Eurodram 2022.

Extraits de presse

« L’écriture de Samuel Gallet a su poser ses personnages dans une situation originale et développer son intrigue en laissant planer les doutes jusqu’aux dernières minutes.

Ses dialogues qui, sous l’apparence de la quotidienneté, se révèlent riches de non-dits, de silences et d’esquives, distillent scène après scène autant de doutes que de certitudes. Un véritable art du suspens est ici mis en œuvre intriguant autant les personnages que les spectateurs.

Mais l’intelligence de son texte ne s’arrête pas à la forme, la situation où il fait se dérouler sa trame donne à son texte une envergure beaucoup plus vaste et une matière plus touchante, plus profonde.

Tout se déroule dans un centre de vacances du bord de mer transformé en centre d’accueil pour mineurs isolés venus des pays d’Afrique et d’Europe de l’Est. C’est l’hiver. Les maisons secondaires sont vides, fermées, et les habitants restent à l’écart de cette vingtaine de jeunes
(…)

En plus de cette situation aux tensions perceptibles, le texte de Samuel Gallet ajoute les tensions induites par les trois personnages, eux-mêmes chacun en crise personnelle. Élise, la jeune éducatrice, s’apprête à quitter le centre pour aller s’occuper de sa mère malade ; André, la cinquantaine, arrive en début de pièce pour prendre son poste d’éducateur après avoir fui avec dégoût son emploi en Ehpad ; et Harouna, jeune réfugié, rescapé de la mer, tellement rongé par la peur qu’il est persuadé que les habitants du village veulent le tuer. Il faut encore ajouter à cette gerbe de tension, la disparition depuis quelques jours de Drissa, le compagnon de périple et d’exil d’Harouna. (…)

Mise en scène remarquable de Vincent Garanger. (…)

Avec "Mon visage d’insomnie", Vincent Garanger et son équipe parviennent à créer une véritable histoire, visuelle, sonore, narrative qui touche un sujet grave sans jamais alourdir le propos ni tomber dans le pathétique, mais en restant toujours tracté par l’intrigue liant les personnages. Un spectacle qui restera dans la mémoire pour l’harmonie de sa forme autant que pour la tendresse et le tragique de son propos. »

[Bruno Fougniès, La Revue du spectacle, 24 mai 2021]


« pièce captivante (…)

L’idée est géniale, l’interprétation solide et la mise en scène riche.

Une trouvaille d’écriture assure le mille-feuille de l’intrigue ; l’exclusion de ces âmes invisibilisées et fragilisées par une société qui les craint est racontée par le subterfuge en creux de l’image du sociopathe désarmé devant une société qui veut ne rien en savoir.

Par cet artifice fictionnel, la pièce interroge la fureur de vivre d’une jeune génération migrante et sa détresse face à une société qui, pour les effacer, les infantilise et qui, pour les contrôler, exige de penser à leur place.

Par un effet miroir, la dialectique entre l’attraction et la répulsion trouble la psyché d’un sociopathe meurtrier, et renvoie à nos propres dilemmes devant ces hommes bravant la mort pour s’assurer une autre existence. »

[David Rofé-Sarfati, Toute la culture, 27 mai 2021]


« La pièce commence comme un théâtre ordinaire (…)

Puis « soudain », c’est la révolution copernicienne. La situation qui était on ne peut plus ordinaire devient extraordinaire. Le ver était dans le fruit depuis déjà un bon moment, le diable était logé dans les détails depuis le début, mais progressivement le « diable » devient de plus en plus pressant, et il s’apprête à sauter à la gorge de tout le monde, en commençant par celle des lecteurs ou des spectateurs (qui « tombent des nues »). (…)

Tout au long de la pièce, il a été question d’amour. Qu’est-ce que l’amour ? Le jeune Harouna était très inquiet de cette question. »

[Blog de Jean-Michel Potiron, 15 mai 2022]

Vie du texte

Création dans une mise en scène de Vincent Garanger, avec Cloé Lastère, Didier Lastère, Djamil Mohamed, Théâtre de l’Ephémère, Le Mans (72), du 17 au 22 mai 2021.

Tournée 2022
— Festival d’Avignon, 11., juillet


Dans le cadre des Journées de Lyon des Auteurs de Théâtre, la pièce est mise en espace par Anne-Laure Sanchez, au TNP, le 14 mai 2022.

Lectures sonores d’extraits

ICI par Cloé Lastère, Didier Lastère

et ICI par Cloé Lastère, Didier Lastère, Djamil Mohamed

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